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samedi 25 octobre 2014

RAPPORT D'ACTIVITÉ DE L'ADDAD AU FORUM SOCIAL AFRICAIN A DAKAR DU 15 AU 19 OCTOBRE 2014



THEME CENTRAL:
CRISES, GUERRES ET CONFLITS, EN AFRIQUE INTERVENTIONS MILITAIRES ET GOUVERNANCE DES RESSOURCES :
QUELLES REPONSES DES MOUVEMENTS SOCIAUX AFRICAINS?



L'ouverture du Forum le 15 octobre se traduit par une marche regroupant les associations et les organisations venues de part et d'autres du continent Africain afin de participer au Forum Social Africain. La marche a débuté à 16H devant la RTS et a pris fin sur la Place de l’Obélies  où un concert d'artistes engagés nous a accueillis. Les organisateurs du Forum et différents intervenants ont pris la parole devant un éventail de banderoles et de nombreux militants





La journée du 16 octobre commence en retard par une plénière d’ouverture, les panelistes ; Mme Aminata Dramane Traoré du Mali, M Demba Moussa Dembélé du Sénégal, Samira, le représentant de la jeunesse sénégalaise, après leurs discours relatif au thème central du forum, ils ont fini par présenter le programme des quatre jours du forum.
Les militantes de l'ADDAD, après la plénière, ont donc pu assister à différents ateliers dans la matinée et dans l’après midi sur la question de l'accaparement des terres, de l'accaparement de l'eau, sur la question des migrants, sur les violences faites aux femmes...



La troisième journée nous amène au 17 octobre, date à laquelle est programmé l’atelier de l'ADDAD de 13h30 à15h30 dans une salle de 50 places :



THEME : VIOLENCES FAITES AUX TRAVAILLEURS DOMESTIQUES ET STRATEGIE COMMUNE  POUR LA RATIFICATION  DE LA CONVENTION C189 DE L’OIT


En effet, l'atelier était animé par la Présidente de l'ADDAD-Mali Sitan FOFANA, la Vice-présidente de l'ADDAD-Mali Bintou Traoré, la secrétaire générale de l'ADDAD-Burkina Fasso Sakinatou Ouedraogo et la modératrice Meriem Belhadj. Il a rassemblé une trentaine de personnes.

La Présidente a commencé par un discours de présentation et l'historique de l'association ADDAD (Association de Défense des Droits des Aides ménagères et travailleurs Domestiques) depuis sa création à ce jour en passant par les moments clefs tels que le Forum local de travailleurs domestiques de l'ADDAD qui a réuni plus de 400 personnes et a lieu chaque année au mois de mars au siège d el’ADDAD, la Journée du 1er Mai des aides ménagères et travailleurs domestiques organisée par l'ADDAD à Bamako qui se déroule  chaque année et le Forum qui a lieu au siège de l'ADDAD réunissant les aides ménagères et domestiques avant leur retour dans les villages en juin, les formations juridiques, syndicales et alphabétiques, les meeting de sensibilisation sur le droit des aides domestiques         

Ensuite, la présidente a débattu sur les droits revendiqués aux autorités ainsi que les actions et activités menées par l'association. Elle a aussi commenté le fonctionnement et les moyens utilisé


par celle-ci. Elle a mis l'accent sur la formation juridique et syndicale apportée aux aides ménagères et travailleurs domestiques ainsi que sur la qualité de prestations de services proposés aux employeurs.

Elle a ensuite présenté les objectifs et revendications que se sont fixés tous les acteurs de l'ADDA :


Ø  le respect strict de la loi et du Décret n 96-178/P-RM, portant application de la Loi n 92-20 en République du Mali et en particulier des articles suivant:
Article D.86-4: Tout engagement de personnel de maison fait l’objet d’une déclaration     établie par             l'employeur
Article D.86-10: L’employeur ne peut convenir d’un salaire mensuel inférieur à 21.936     FCFA
Article D.86-16: La durée des services est fixée à 10 heures maximum par jour. 

Article D.86-20: Un repos hebdomadaire est donné à raison de 2 demi-journées dans la semaine

Ø  Faire ratifier la Convention C189 de l'OIT par le Mali.
.

Ø  Ces actions ne pourront se faire qu’en rassemblant les différents acteurs/trices pour voir comment soutenir l’ADDAD dans sa stratégie pour protéger les intérêts matériels et moraux des travailleurs/euses domestiques par tous les moyens juridiques et conventionnels possibles
Ø  Se lier avec d'autres organisations pour une même et unique convergence afin de mettre en place un comité multi acteurs/trices pour soutenir les actions de l’ADDAD pour la défense des droits et la protection des intérêts des jeunes filles aides ménagères et domestiques.
Ø  Continuer à renforcer le réseau au niveau sous régionale, la présence de Sakinatou de l’ADDAD du Burkina Faso témoigne de l’émergence du réseau sous régional. 

Ø  Des liens sont aussi en train d’être tisser avec d’autres pays du continent comme l’Afrique du Sud


Sitan Fofana a conclu par la corrélation du thème central du Forum Social Africain et l'ADDAD :
« L'exode rural à bas échelle s'est amplifié avec le plan d'ajustement structurel imposé dans les années 80. Le programme de développement imposée par le FMI et la Banque Mondial sur nos gouvernements développent les villes au détriment des villages, pas d'infrastructures, le chômage en hausse, l'insécurité foncière grimpe… ce plan n'a pas vocation à servir les intérêts de nos pays…
Touchent de pleins fouées les femmes et les enfants. Le dispositif de la Banque Mondiale impose depuis 30 ans des politiques économiques à nos gouvernements, un modèle qui est un échec. C’est lamentable ceci ruinant la fonction publique, l'agriculture... Ce sont des promesses de développement non abouti qui sont à l'origine des migrations des exodes ruraux massifs, des crises et conflit. »


C’est dans l’émotion que la deuxième intervention par la vice présidente Bintou Traoré, a édifié l’assemblée.
En ville, elles sont pour la plupart du temps, du a leur naïveté, victimes de toutes les injustices. Souvent elles sont enceintes avant même d’être mariées et subissent une double peine : la honte de retourner au village et virées par leur patron-ne qui ne veulent pas d'aide ménagère enceinte ou avec enfant. Toutes ces  jeunes filles sont perdues dans ce nouveau contexte. Désespérées elles sont aussi des proies faciles. Certaines se prostituent ou se retrouvent esclaves sexuelles avec tout son cortège de conséquences néfastes : traumatismes, maladies, perte de confiance et de dignité. En ville, celles qui sont employées deviennent des « bonnes » à tout faire.

En effet elle a mis l’accent sur les expériences vécues, notamment les violences physiques et morales que subissent les filles, relatant les conditions de vie parfois inhumaines sur le plan nutritionnel et sur le plan de l'habitat.
Ensuite la secrétaire général de l'ADDAD-Burkina Fasso, Sakinatou, a pris la parole pour confirmer le rôle de l'association, elle a exprimé sa gratitude à l'ADDAD-Mali sur l'aide qui leur a été apportée pour la mise en, place de l'ADDAD-Burkina Faso et la formation juridique et syndicale indispensable pour protéger et défendre l’intérêt des jeunes filles aides ménagères et travailleurs
domestiques qui avaient un besoin cruel d’être soutenues. C’est avec vigueur elle a lancé à la salle :

-          « Oui à un travail décent pour les travailleurs domestiques y compris les aide-ménagères » (limitation du temps de travail et amélioration des conditions de travail) Agissons !
-          « Autorités politiques et législatives, ratifier la convention C189 de l’OIT, c’est promouvoir un travail décent, digne et reconnus pour tous les travailleurs domestiques  du Mali »
-          « La convention 189 (C 189) de l’OIT, véritable instrument de protection des enfants / jeunes travailleurs domestiques contre les violences. »


Après ces trois interventions chaudement félicitée à l’applaudimètre le débat a commencé axé principalement sur 4 thématiques :
1.      Des précisions sur l’ADDAD (son origine….)
2.      Le maillage des relations de l’ADDAD  des autorités (police, ministères aux associations
3.      L’accueil et la prise en charge des bonnes en difficulté
4.      Mais le débat le plus animé s’est déroulé autour de l’application du décret. En effet la plupart des femmes de la salle avaient elles mêmes des travailleuses domestiques et disaient qu’elles ne pouvaient pas payer le salaire légal, une a rencherit « parfois y en a qui n’ont que  30 000FCFA/Mois comment voulez vous les payer 21 000 FCFA ?? » Ce genre de remarque illustre bien le peu de considération qu’ont les bonnes, dans quelles conditions elles vivent
et sont traitées..

Cette heure de débat qui a regroupé divers participant-es de différents pays ( Sénégal, Togo,Mali…) et différents catégories d’acteurs (syndicalistes, associations, représentante de la Maison de la Femme, de l’Enfant et de la Famille…) a permis de mieux faire connaitre l’ADDAD et de tisser de nouveaux liens :
Ø  L’Union nationale des travailleurs du mali (UNTM) a demandé de les rencontrer à Bamako pour nous soutenir, et mettre sur pied avec d’autres acteurs une stratégie de lobby vers le gouvernement du Mali pour la ratification de la convention 189 de OIT
Ø  Une association similaire du Sénégal a demandé comment s’organiser pour renforcer le réseau sous-régional

Conclusion
Cet atelier a permis de mieux faire connaitre l’ADDAD et de  partager les vécus des employées et des employeur/euse-s. Même si cela passe par des échanges houleux, il est nécessaire et souvent salutaire. La preuve en a était avec à la fin des débats, un retour très positif et un encouragement général des officiels et associations présents. Toute l’assemblée a salué l’initiative de l'ADDAD, ils ont remercié les militantes de leur action et ont encouragé l'ADDAD a continué dans ce sens. Un souhait très fort de pouvoir tisser des liens et d’élaborer une stratégie commune a émergé, en particulier sur la sensibilisation et le plaidoyer pour « lutter contre l’esclavage moderne »

 



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